Chicago, La Gueule de bois
Celui qui souffre sans doute le plus ce matin, c’est le maire de Chicago, Richard Daley, qui aura passé plus de 3 ans sur le projet olympique, emmenant avec lui des milliers de militants et plus de 72 millions de dollars de donation. Et malgré une intervention inattendue du président Obama, le soleil de Rio de Janeiro et le jeu des alliances politiques auront eu raison des rives du lac Michigan et de sa population.
Il est 10h15 quand la nouvelle tombe, la « Windy City » est sortie au premier tour. La population est sous le choc. Interviewé au sein de la foule réunie pour l’occasion sur le site choisi pour accueillir le village olympique, Richard Pound, un membre du comité olympique Canadien tente d’expliquer les raisons de cette gifle « tout peut arriver au premier tour, et souvent, des alliés régionaux s’unissent afin de bloquer la candidature d’un favori déclaré comme l’était Chicago ».
Néanmoins, le jeu des alliances n’explique pas uniquement les raisons de cet échec. Boostée par un soutien politique d’envergure, la candidature de Chicago était loin d’être parfaite et beaucoup mettaient en doute les capacités de la ville à réunir les fonds nécessaires à l’organisation des jeux, alors que l’économie américaine se relève a peine de sa pire crise financière depuis le crack de 1929. Les mauvaises langues vont même jusqu’à dire que cette défaite est avant tout celle de la politique de l’administration Obama à l’international. Une explication plus rationnelle pourrait être celle des nombreux désaccords entre le comite Olympique Américain et le Comite Olympique International, notamment en conflit sur la répartition éventuelle des droits télévisés ainsi que de juteux contrats d’exclusivités commerciales.
Aujourd’hui c’est tout le pays qui se réveille avec la gueule de bois. Le « Chicago Tribune », plus grand quotidien de l’agglomération titre en une « Même pas le Bronze ». Sur toutes les radios et télévisions nationales, les analystes sont unanimes : Les Etats-Unis viennent de laisser passer une unique opportunité de rebond économique et populaire alors que le pays est déchire par les polémiques de la reforme du système médical et l’embourbement de son armée en Afghanistan.
Aaron Kobayashi














