Save The World step N°1 – Le recyclage

Varsha et Bahwna arpentent chaque matin les ruelles de Bombay… Joaquina parcourt les artères de Sao Paulo… Sugiharto sillonne les chaussées de Jakarta. Quel est le point commun entre ces individus? Ils tirent chacun derrière eux une charrette pleine de détritus et sont à l’origine d’un business de plus de 100 milliards d’euros par an. Leur profession: la collecte des déchets recyclables en milieu urbain.
La quantité annuelle de déchets par habitant est de 870 kg aux Etats-Unis, 522 kg en Europe, 410 kg au Japon contre 150 kg en Inde ou en Chine. Qualifier le contenu de nos poubelles de ‘’déchets’’ est inapproprié puisque qu’elle est constitue a plus de 90% de matériaux recyclable. Verre, plastiques, métaux, papier, carton, bois, textile, matières organiques, matières minérales… autant de ressources qui pourraient accomplir plusieurs cycles de vie, avant d’être oublié.
Que deviennent nos déchets aujourd’hui ?
En France, une grande partie de nos déchets sont incinérés, ils servent de combustible pour alimenter de larges chaudières et ainsi être valorisés énergétiquement. (Échangeur thermique à vapeur = chaleur, parfois suivi d’une turbine = électricité). L’autre grande partie de nos poubelles est placée dans des décharges publiques. Enfin, une infime partie sera triée semi automatiquement dans des centres de recyclages.
Malheureusement, il n’existe aujourd’hui pas de gestion adaptée concernant les déchets électroménagers, les déchets électroniques, les déchets nucléaires et les pneus; ils sont simplement stockés. Les plastiques ne sont pas séparés selon leurs différents types de familles (PP, PS, PVC, PEs,…), idem pour le verre (couleurs/transparent), les emballages Tetra Pack ne sont pas recyclables…
Que deviendront nos déchets demain ?
La part des déchets incinérés sera largement réduite et l’efficacité énergétique optimisée par cogénération (chaleur + électricité). Un autre grand espoir de la recherche actuelle concerne la torche plasma, fusion des déchets à plus de 7000°C, qui vient décomposer l’objet en sa plus simple structure atomique (carbone, hydrogène, oxygène,…). Idéal pour notre emballage Tetra Pack, hop aluminium d’un coté, hop le plastique de l’autre !!
Les décharges publiques seront systématiquement enfouies sous terre et intégreront des réseaux de récupération des émissions de méthane. Ce biogaz sera ensuite brûlé pour produire de l’énergie et accessoirement réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère !!
Le panel des différents matériaux recyclés sera élargie, les chaines de recyclage seront entièrement mécanisées, et intégreront des systèmes de tri optique qui sépareront les différentes familles de plastiques, verres, métaux, papiers; avant de les réintégrer dans les circuits de production habituels. Les matières organiques, telles que les détritus alimentaire, déchets de jardinage et les excréments permettront la fabrication de compost biologique et éviteront l’utilisation abusive des engrais chimiques. Les matières minérales telles que le sable, les rocs et les cendres viendront renforcer les matériaux de construction.
La gestion des déchets fera partie de notre quotidien, les procédés de fabrication de produit électroménager, électronique, automobile, alimentaire… intégreront en amont des logiques de démantèlement simple et écologique.
Pourquoi ces procédés ne sont-ils donc pas plus répandus?
En l’état actuel, les innovations technologiques ne permettent pas un niveau de tri assez détaillé, et trouver des applications aux matériaux reste compliqué. Par exemple, mixer les différents types de plastiques lui fait perdre sa caractéristique essentielle de flexibilité.
D’autre part, la valeur marchande des ressources est à présent trop faible, dans le futur, l’inévitable inflation du prix des commodités viendra faire effet levier et faire décoller ce secteur. Les revenus de la vente des éléments seront suffisants pour couvrir l’investissement initial ainsi que les frais de gestion. L’exemple flagrant est la flambé du prix des métaux (aciers, cuivre, aluminium,…) leur récupération est aujourd’hui viable.
Bref autant de perspectives d’amélioration qu’il va falloir mettre en place et accompagner…















